Exercice de gestion de crise maritime

Si tu veux la paix, prépare la crise…maritime

Pour la 2nde fois cette année, le Fonds de Solidarité Prioritaire ASECMAR, projet français d’appui à la sécurité maritime, a organisé ce jeudi 17 octobre un exercice majeur de gestion de crise maritime.

Il s’agissait de faire face à une collision entre un chalutier de pêche ghanéen et un roulier italien à la sortie du port de Cotonou. Ce choc terrible a entraîné un blessé grave et une voie d’eau chez le chalutier : tout était réuni pour se rapprocher au maximum des conditions réelles d’une telle crise et compliquer la tâche des responsables : difficultés des transmissions, pollution par hydrocarbures, pêche illicite, trafic illicite de stupéfiants, clandestins, pression médiatique importante, etc.

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Outillé de sa mallette de prélèvements et de tests, l’expert de l’OCERTID détermine la nature de stupéfiants de la marchandise trouvée à bord du chalutier.

Une crise maritime est un évènement de mer qui, par sa forte intensité et ses conséquences potentielles, exige qu’une organisation type préexiste et soit activée pour y faire face. C’est bien cette organisation que le projet ASECMAR souhaitait tester. L’Autorité Maritime désigne un directeur de crise qui conduit les opérations avec les moyens à sa disposition. Ces moyens sont principalement des moyens matériels (Centre des Opérations de la marine, patrouilleurs des Forces Navales, équipements anti-pollution du PAC, lutte incendie) et des ressources humaines (experts des administrations concernées, équipe médicale, équipe communication de crise, équipe d’accueil).
Au final, l’exercice a mis en exergue qu’il existait des moyens déjà bien dimensionnés, en particulier si l’on considère la « force de frappe commune » du Port Autonome de Cotonou et des Forces Navales. La difficulté réside dans l’absence au Bénin d’une autorité nationale de sécurité maritime, ce qui laisse encore planer des doutes sur l’identification du directeur de crise et sur sa capacité à diriger et à coordonner l’ensemble des acteurs.

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Attendant au port le navire naufragé, les équipes et les matériels sont prêts : sapeurs pompiers et services de l’environnement, barrages anti-pollution et groupes électrogènes, officiers de police judicaire et brigade cynophile de l’OCERTID : toutes les composantes nécessaires sont présentes.

C’est enfin l’entraînement régulier qui permet à tous de tester les reflexes et surtout l’efficacité des organisations en place. Quand la crise survient il est déjà trop tard, et les conséquences peuvent être immensément destructrices et négatives. Pensons que le Golfe du Bénin est un espace maritime fortement utilisé pour l’extraction, l’exploitation et le transport maritime des hydrocarbures. Une catastrophe écologique venant de la mer est une hypothèse sur laquelle les Etats côtiers doivent travailler. Le FSP ASECMAR les accompagne dans cette réflexion.

Dernière modification : 21/10/2013

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