Fête nationale française du 14 juillet - Discours de Mme l’Ambassadrice

Monsieur le Garde des sceaux, conduisant la délégation gouvernementale
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les présidents des institutions,
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les chefs de mission diplomatiques et représentants des institutions internationales,
Chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

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Chaque année, le 14 juillet est pour les français, et pour tous les amis de la France, une journée particulière.
Pour beaucoup cela renvoie d’abord à des images historiques, comme celle de la prise de la Bastille, moment symbolique de l’histoire de la France ;
Cela évoque également les valeurs citoyennes, matérialisées par notre hymne national la Marseillaise, ce chant de rassemblement du peuple français, ou par le drapeau bleu blanc rouge que nous avons beaucoup vu ces derniers temps sur les visages heureux puis déçus des amateurs de football…

C’est aussi l’occasion de mettre en valeur l’action de ceux qui participent à la défense de la nation : suite aux attentats terroristes perpétrés à Paris en janvier 2015, 10 000 militaires sont mobilisés sur le territoire national, en appui des forces de sécurité intérieure ; la nation leur rend hommage lors du traditionnel défilé militaire -qui se déroule depuis 1880 devant le Président de la République et ses hôtes- et qui aura eu pour thème cette année « l’engagement » : l’engagement des hommes et femmes pour la sécurité du territoire, mais aussi l’engagement de la France aux côtés de ses partenaires internationaux et tout particulièrement du continent africain : 7500 militaires sont déployés à l’étranger, principalement dans le cadre de la lutte contre la menace terroriste, au titre de l’opération Barkhane dans la bande sahélo-saharienne ou de l’opération Chammal en Irak et en Syrie. Je voudrais saluer l’action de ces hommes et ces femmes « engagés » et également, à ce point de mon discours, saluer l’engagement avant eux des anciens combattants béninois qui sont à cette réception et dont malheureusement les rangs se clairsèment.

Enfin le 14 juillet ne serait pas le 14 juillet ou le « Bastille day » comme le nomment les anglosaxons, sans la fête et la convivialité qui en animent l’esprit –flonflons, bals et communion dans cet art de vivre qui unit les français et leurs amis par-delà leurs différences : la gastronomie, les fromages, les vins.

Chers invités,
Avec mes collaborateurs, avec l’appui des sponsors de l’Ambassade de France, mais également grâce à la complicité de nos amis béninois –je félicite et remercie l’orchestre des FAB pour sa fidélité et son brio- nous avons voulu mon mari Jean-Louis et moi vous faire partager un peu de tout cela, ce soir, une dernière fois -en tous cas une dernière fois avec nous- car comme beaucoup d’entre vous le savent nous quittons le Bénin à la fin de ce mois, au terme d’une mission de plus de trois ans. Je voudrais d’ailleurs associer également deux autres chefs de service de l’Ambassade, le consul Didier Gaillot et le COCAC Luc Fabre qui nous quittent également cet été.
Ce 14 juillet, le quatrième que nous passons au Bénin, est donc pour nous une journée encore « plus » particulière, puisque c’est le moment de vous dire au revoir. Mais ne sortons pas déjà nos mouchoirs … Il s’agit pour le moment de faire la fête.

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Chers amis,
Vous avez répondu nombreux à cette invitation et je vous en remercie. Je voudrais en particulier saluer les membres du nouveau gouvernement qui sont avec nous ce soir et les remercier de leur présence et de l’accueil qu’à l’instar du Président Patrice Talon, ils m’ont réservé ainsi qu’à mes collaborateurs. Je voudrais leur dire de nouveau que la France est à leurs côtés pour mener les réformes engagées par la nouvelle équipe béninoise, des réformes ambitieuses pour renforcer la gouvernance, lutter contre la corruption, améliorer l’accès aux services de base et asseoir une croissance économique stable, et pourvoyeuse d’emploi. Derrière ces formules il y a beaucoup de défis à relever, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice, de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, du développement du territoire, de la sécurité et j’en passe…

Dans ces domaines, la France s’efforce d’apporter sa pierre à l’édifice dans un esprit de partenariat avec les autorités béninoises et en bonne intelligence avec les autres partenaires techniques et financiers et je pense en tout premier lieu à l’Union Européenne, l’un des premiers partenaires du Bénin au sein de laquelle la France est active pour promouvoir un partenariat fort avec l’Afrique.
S’agissant de notre coopération bilatérale au Bénin, je ne vais pas entrer dans une énumération fastidieuse et je vous renvoie sur ce point à la presse de ce jour. Je voudrais juste vous dire que la France a plus que rempli les engagements qu’elle a pris quelques temps après mon arrivée au titre du Document cadre de partenariat. Et puisque c’est pour moi l’heure du bilan, je voudrais m’autoriser à mettre en valeur quelques-unes des réalisations de ces trois années dont mon équipe et moi-même sommes particulièrement fiers :

  • Je commencerai par le Changement climatique. L’Ambassade a pris sa part de l’intense travail diplomatique en amont de la conférence de Paris. Nous avons eu la satisfaction que le Bénin soit un partenaire mobilisé et réactif. Nous nous félicitons que le Président Talon ait réaffirmé cette priorité dès les premiers jours de son mandat. L’AFD a lancé deux projets ambitieux d’adaptation des villes au changement climatique : « Porto Novo ville verte », signé pendant la réunion de Paris et qui a démarré, et un second projet, le PAVIC, qui s’adressera à d’autres villes –y compris Cotonou- pour un montant de 50 M€ qui devrait être octroyé en fin d’année.
  • Je continuerai par l’éducation : nous avons travaillé afin que les jeunes béninois soient mieux formés et mieux armés pour entrer dans la vie professionnelle » : au terme de ces trois ans, la France est devenue l’un des tous premiers bailleurs du secteur ; des projets importants ont été engagés en faveur de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle à tous les niveaux , de l’artisanat aux universités.
  • Enfin, j’ai veillé à ce que la coopération française bénéficie pleinement aux territoires : en me déplaçant à l’intérieur du pays, j’ai réalisé l’importance, pour un développement équitable et efficace, d’une politique de décentralisation effective. Nos sociétés sont vulnérables, la pauvreté et l’isolement en accentuent les fragilités, faisant souvent le lit de l’intolérance et du terrorisme. Au-delà des 60 partenariats actifs entre les collectivités locales françaises et leurs partenaires béninois, je souhaite mettre l’accent sur des actions emblématiques pour partager le savoir : ce sera -très prochainement- la création avec l’Université de Parakou d’un centre numérique de langues à l’antenne de l’Institut français de cette ville en coopération avec l’Agence Universitaire de la Francophonie ; ce fût plus récemment la mise en place auprès des universités du Bénin de serveurs informatiques « miroirs », reliés à des universités françaises et alimentés avec près de 12000 ressources pluridisciplinaires : ainsi, désormais les cours d’anatomie de la fac de médecine de Lyon sont en ligne et accessibles en réseau aux professeurs et étudiants de l’université de Parakou ou d’Abomey Calavi.

Mesdames et Messieurs,
Les évènements violents des derniers mois et les nombreuses victimes innocentes du terrorisme, partout dans le monde, nous ont rappelé que la sécurité dans ces temps difficiles est une des préoccupations premières des populations et des gouvernements qu’elles ont élus. Les nouvelles autorités béninoises ont pris la mesure de la menace et des défis pour y faire face. Le Bénin dans le cadre de sa participation aux opérations de maintien de la paix prend sa part dans cet engagement et nous nous en félicitons. Nos deux présidents l’ont évoqué il y a 48 heures à l’Elysée, la coopération française, déjà très active, sera renforcée dans ce secteur pour répondre aux besoins spécifiques qui nous ont été exprimés.

Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Le développement du Bénin passe par l’engagement de tous ses acteurs mais ne pourra être durable qu’assis sur une croissance économique stable et un secteur privé exerçant ses activités dans un cadre de gouvernance renforcé, un dispositif régional des échanges régulé –je pense à la relation commerciale avec le Nigéria- et un environnement juridique sûr. Le travail que nous faisons avec d’autres partenaires en appui au ministère de la justice et aux institutions judiciaires concoure entre autres à cet objectif. Nous allons poursuivre dans cette direction. Mais bien sûr les acteurs principaux de cette croissance économique ce sont les entreprises. Nos entreprises françaises sont au Bénin des partenaires économiques essentiels : 34 filiales représentent 2500 emplois directs et contribuent aux investissements et aux recettes fiscales. Je salue ce soir leurs nombreux représentants ainsi que leurs partenaires économiques béninois.

Monsieur le Ministre,
Voici venu maintenant le moment du message d’adieu. J’aurai vécu au Bénin trois années intenses et passionnantes, marquées par une alternance démocratique réussie et remarquable à l’échelle du continent. Je voudrais saluer tous ceux qui ont contribué à cette transition dans la paix. Je voudrais saluer la maturité du peuple béninois qui a fait son choix de manière libre. Je souhaite que l’esprit démocratique, qui s’incarne particulièrement au Bénin par l’amour et la vivacité du débat et la recherche du consensus, que cet esprit démocratique disais-je prospère. Je vous avoue que j’ai pris goût aux circonvolutions et aux subtilités de la politique béninoise et que je ne pourrai m’empêcher (mais en toute discrétion, vous n’entendrez plus parler de moi) de continuer à suivre l’actualité, notamment ces réformes politiques ambitieuses en discussion que vous portez.

Chers invités,
Nous partons du Bénin, mon mari et moi, tristes de vous quitter, de quitter des partenaires et des amis, des collaborateurs doués et investis dans leur travail, des personnes particulières que nous avons rencontrées et dont nous avons admiré l’engagement et le dévouement – par exemple au service des enfants victimes-, des grands intellectuels dont la puissance de réflexion et le brio de la langue forcent l’admiration ; enfin nous allons regretter un pays magnifique, attaché à sa culture mais ouvert sur le monde et de ce fait particulièrement attachant. Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés à comprendre le Bénin et ont facilité notre tâche et nous disons à bientôt à tous nos amis. Après tout Paris et la France ne sont qu’à 6 heures de vol et surtout, sont proches dans les cœurs de beaucoup d’entre vous. Nous vous y accueillerons avec plaisir. En attendant je vous souhaite une très bonne soirée.

Mme Aline Kuster-Ménager, Ambassadrice de France au Bénin

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Le Ministre de la Justice et de la Législation, M. Joseph Djogbénou s’est ensuite exprimé pour réitérer la volonté du gouvernement de renforcer les liens qui unissent la France et le Bénin, et de poursuivre une coopération dynamique et étroite entre nos deux pays.

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M. Le Ministre et Mme l’Ambassadrice découpent le gâteau du 14 juillet.

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Le dirigeant de CMA-CGM, M. Eric Neute et son équipe

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Mme l’Ambassadrice et Ulrich Sossou ("Web developer" et fondateur de l’incubateur TEXXL)

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Ulrich Sossou, Olivier de Souza (Agence Ecofin) et Colombe Stéphanie Tohon (Ecce Africa)

Dernière modification : 19/07/2016

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