Herveline Brousse, volontaire internationale, responsable de l’Espace Campus France Bénin

Bonjour Herveline,

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Agée de 29 ans, je suis originaire de Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Je suis diplômée d’une licence Langues Etrangères Appliquées (LEA), d’un master 2 en Management Interculturel de l’université de Limoges et d’un diplôme en gestion et promotion ONG de l’université de la Complutense de Madrid (Espagne). Pendant mes études, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un semestre à Newcastle au Royaume-Uni et un à Mendoza en Argentine ; j’avais envie de parler les langues que j’étudiais, de voyager et découvrir de nouveaux espaces socioculturels et économiques. J’ai aussi effectué des stages dans le tourisme et dans le recrutement.

Après mes études, j’avais envie de repartir et d’évoluer dans un autre pays que la France. J’ai tenté ma chance à Madrid où je suis finalement restée presque quatre ans ; j’ai exercé au centre international administratif d’IBM comme administratrice de comptes et repris un diplôme à l’université. Cette expérience au sein d’une multinationale a été très intéressante, je travaillais dans une équipe multiculturelle avec onze nationalités différentes où les échanges se faisaient principalement en anglais, espagnol, français et parfois italien.

Herveline Brousse (à gauche) avec l'équipe de Campus France - JPEG
Ayant étudié dans différents systèmes universitaires et travaillé comme tutrice pour les étudiants étrangers pendant mon master, je souhaitais me rapprocher du domaine de la coopération universitaire et des échanges académiques. Et me voilà aujourd’hui au poste de responsable Campus France Bénin.

2. Quelles sont vos activités au Bénin ?

J’effectue actuellement ma mission de volontaire international comme chargée de mission universitaire à l’Institut français du Bénin depuis le mois d’août 2012. Campus France est l’agence nationale pour la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger. L’espace du Bénin, ouvert depuis le 18 décembre 2007, accueille, conseille et oriente les candidats béninois et d’autres nationalités souhaitant poursuivre leurs études en France.

En tant que responsable d’une équipe franco-béninoise, je coordonne, gère et développe les Espaces de Cotonou et Parakou. En contact permanent avec les responsables des différents établissements d’enseignement supérieur au Bénin et en France, et autres acteurs institutionnels, je suis en charge de la stratégie de communication, ce qui m’a permis de visiter plusieurs établissements d’enseignement secondaire et supérieur.

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Le nombre de dossiers augmentant chaque année, j’ai eu à réorganiser les tâches et le fonctionnement de Campus France Bénin et créer de nouveaux outils afin d’offrir le meilleur accueil aux étudiants béninois.

3. Quel regard portez-vous sur votre mission ?

Ma mission était un challenge et me permet de vivre à fond l’expérience interculturelle, point central de mes études. Cette opportunité professionnelle m’a permis de mettre un pied dans le monde de la diplomatie ainsi que développer des compétences en management et de m’affirmer. Je consacre beaucoup de temps mais j’aime mon travail. De la promotion au développement de l’espace, en passant par la gestion administrative, des ressources humaines et informatique, ce poste demande énormément de polyvalence. Derrière ces différentes casquettes, c’est aussi intéressant d’être en contact avec différents interlocuteurs de tout niveau.

D’autre part, comme dit précédemment, ayant étudié à l’étranger, ma mission me permet aussi d’encourager les candidats à partir en France, découvrir un nouvel environnement afin de s’ouvrir l’esprit et acquérir une expérience riche sur les plans personnel et professionnel. Des ateliers de préparation au départ ont été ainsi mis en place pour préparer au mieux les étudiants, le tout illustré par des témoignages d’étudiants béninois déjà en France.

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Rattachée au service de Coopération et d’Action culturel, je suis basée à l’Institut français, ce qui me permet d’être en contact direct avec le public. C’est un lieu agréable, plein de vie, riche pour son fonds documentaire et sa programmation culturelle. C’est aussi un espace de rencontres : j’ai ainsi rencontré des artistes à plusieurs reprises dans un cadre informel, ce qui aurait été difficilement possible dans un autre contexte.

4. Quelles sont vos impressions personnelles sur la vie au Bénin ?

Avant je ne connaissais pas l’Afrique. Quant au Bénin, je savais que c’était un petit état de la sous-région et le pays du vodoun. Une fois sur place, ce fut le dépaysement total, une découverte. Ici nous évoluons dans un contexte spatiotemporel différent de l’Europe et de ce que j’ai connu jusqu’à présent ; le temps n’a pas la même valeur, l’espace est perçu différemment. On prend du recul sur sa culture et on relativise sur plusieurs aspects.

Le Bénin demande du temps et est loin de l’image que l’on se fait de l’Afrique en général. Les premiers jours, il faut s’adapter : prendre un zem (taxi-moto) pour aller travailler, négocier le prix de vos achats... Si vous avez une voiture, il faut comprendre la jungle des transports, ce qui est au départ assez impressionnant mais salvateur pour les prochaines expériences de conduite. J’ai même décidé de me mettre à la moto.

Avec le temps et de la volonté, on découvre ce pays pour le moins fascinant de par son histoire, ses paysages, sa multiculturalité et multiethnicité. Avec des allers et retours entre Cotonou et Parakou, j’ai appris quelques mots de fon et de dendi, ce qui a changé les rapports avec les gens. On sent même une certaine fierté des collègues et amis béninois quand on arrive à s’exprimer dans une des langues locales ou quand on est prêt à gouter à la gastronomie locale sans appréhension. Les Béninois commencent alors à vous parler de leurs coutumes. Dans mon travail, j’ai la chance de côtoyer à plusieurs niveaux des personnes différentes qui, à leur façon, m’apprennent énormément sur le Bénin.

Le Bénin est un beau pays qui a beaucoup à offrir mais reste encore méconnu du monde… Les quelques voyages que j’ai faits m’ont permis de voir que ce petit Etat est grand par sa diversité culturelle, spirituelle et naturelle. Les différentes ethnies et communautés religieuses cohabitent en paix, c’est une force.

Dernière modification : 31/03/2014

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