Indices socio-démographiques

(Source : enquête de démographie et de santé au Bénin, 2001)

Démographie

- Population : 6.752.569 habitants (recensement 2002)
- Densité : 57 hab/km2
- Répartition de la population : Les départements de l’Atlantique, du Mono, et du Couffo concentrent 65 % de la population sur 10 % du territoire au sud du pays.
- Principaux centres urbains : Cotonou, Parakou, Abomey.
- Accroissement naturel : 3.2 %
- Population <15 ans : 48 %
- Population > 60 ans : 6 %
- « Temps de doublement » de la population au taux actuel : 24 ans
- Population projetée en 2025 : 11.7 Millions
- Population projetée en 2050 : 18.1 Millions
- Taux de fécondité : 5.6 enfants par femme
- Espérance de vie à la naissance : 52.3 ans

Développement

- Taux de la population ayant accès à l’eau potable : 61 %
- Taux de la population équipé en électricité : 22 %
- Nombre d’habitants par médecin : 6790 hab.
- Population urbaine : 39 %
- Part de la population sous le seuil de pauvreté : 33 %
- Indice de Développement Humain (2004) : 0.421
- Classement IDH (2004) : 161ème / 175 pays

Education

- Taux d’analphabétisme : 60 %
- Taux brut de scolarisation de l’enseignement primaire : 88 %
- Taux net de scolarisation de l’enseignement primaire : 45 %

Santé

- Taux brut de natalité : 45 pour mille
- Taux brut de mortalité : 17 pour mille
- Taux de mortalité infantile : 89 pour mille
- Taux de mortalité infanto-juvénile (de 0 à 5 ans) : 119 pour mille
- Taux de sous-nutrition chez les enfants (5-10 ans) : 31 %
- Taux de malnutrition chez les enfants de - de 3 ans : 20 %
- Taux d’anémie chez les enfants de 6 à 59 mois : 82 %
- Taux d’accès aisé aux services de santé en milieu rural : 40 %
- Proportion d’excision des femmes de 15-49 ans : 17 % [Borgou, Atacora, Zou]
- Prévalence contraceptive : 18.6 %
- Taux de Prévalence du SIDA : 4.1 %

Ethnies

Le Bénin compte plus d’une quarantaine de groupes ethniques de tailles extrêmement variées. Certaines ne comptent pas plus de quelques dizaines de milliers de personnes, d’autres plusieurs centaines de milliers. Leur fixation sur le territoire national s’est échelonnée sur plusieurs siècles.

Les principaux groupes dominants sont les Fon et les Yoruba dans le Sud, les Bariba dans le Nord. Ils ont joué un grand rôle politique durant la période précoloniale puisqu’ils s’étaient constitués en royaumes conquérants au détriment des communautés plus faibles, qui étaient les victimes de razzias pour procurer des esclaves à la traite négrière. L’esclavage dit domestique était largement pratiqué avant et pendant la traite négrière.

Trois régions doivent être distinguées, dominée chacune par un groupe principal :

- Au Sud et au Centre : les Fon appartiennent à l’aire culturelle des Adjatado, à laquelle sont également apparentés les Mahi, les Sahoué, les Ouatchi, les Gun, les Aïzo, etc.... Les Fon, qui ont fondé le puissant royaume d’Abomey, dépassent par leur nombre toutes les autres ethnies du Bénin. Constituant à eux seuls 28% de la population, ils dominent l’appareil administratif et militaire. Les Gun (12% de la population béninoise) sont majoritaires à Porto-Novo. Le Département du Mono est peuplé des Adja (10% de la population ) qui parlent toutefois un dialecte distinct du Fon.

- Au Sud-est et Centre-est : les Yoruba sont originaires de l’actuel Nigéria, mais, implantés de façon très ancienne, ne sont pas des étrangers au Bénin. Ils forment 12% de la population. Les Afro-Brésiliens, parmi lesquels on trouve à la fois des descendants mulâtres de commerçants Brésiliens et d’anciens esclaves revenus du Brésil, ont longtemps - avant la diffusion de l’enseignement - constitué une classe distincte d’"évolués". Dans leur majorité d’origine Yoruba, ils continuent aujourd’hui à se rattacher à ce groupe.

Les Yoruba se distinguent par leur aptitude au commerce. Bien que l’on identifie souvent la ville de Porto-Novo avec les Yoruba, ceux-ci n’y sont pas les plus nombreux. Ils y sont prépondérants grâce au contrôle qu’ils exercent sur les activités commerciales (ils tiennent également les deux-tiers du grand marché de Dantokpa à Cotonou). Ils sont également le plus souvent musulmans, et ont par conséquent un patronyme qui est leur marque distinctive parmi les autres béninois. Sur le plateau de l’Ouémé, les Nago ont la même identité culturelle que les Yoruba. Néanmoins, étant restés cultivateurs, leur mentalité est demeurée plus traditionnelle.

Même s’ils se sont combattus au cours de l’histoire, les Fon et les Yoruba sont culturellement apparentés. Les traditions font état d’une origine orientale commune à ces ethnies, qui appartiendraient toutes deux à l’aire culturelle de l’ancien royaume du Bénin.

- Au Nord : les populations qui vivent dans le septentrion sont en revanche bien distinctes de celles du Sud. Au nord-est, dans le Borgou, les Bariba, groupe le plus nombreux, constituent 10% de la population béninoise. Ils étaient organisés en royaumes féodaux. Même si cette région est homogène sur le plan ethnique, elle n’a jamais constitué un véritable Etat. Le long du fleuve Niger, on trouve les Dendi.

Au nord-ouest, dans l’Atacora, les montagnards Somba vivent dans des cases ou villages fortifiés. Ces populations se sont réfugiées dans ces montagnes, devant l’agressivité à la fois des cavaliers Bariba et du royaume d’Abomey, lequel entreprenait des campagnes pour procurer des esclaves à la traite. Les Pila-Pila, d’origine Mossa (Burkina-Faso), ont pour leur part été contenus à l’ouest du Bénin par des groupes appartenant au Togo actuel.

Culture, religion

La multiplicité ethnique est une source incontestable de la richesse culturelle du pays. L’empreinte de l’histoire marque plus particulièrement certaines communautés, à l’instar de la descendance créole brésilienne qui, de retour en Afrique, a rapporté un style architectural spécifique qui fait de la mosquée de Porto-Novo la réplique d’une église de Salvador do Bahia.
De même que les traditions orales sont très ancrées dans la culture populaire (le Guèlèdè, genre oral majeur au Bénin, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco), les croyances et pratiques religieuses imprègnent la vie quotidienne des Béninois. La diversité des cultes témoigne du caractère pluriel de la société où les populations chrétienne (25 %) et musulmane (15 %) côtoient, au point que les croyances se mêlent souvent les unes aux autres, les adeptes de l’animisme, qui reste la religion la plus pratiquée dans le pays. L’ensemble de cette conception polythéiste de l’univers forme le Vaudou (Orisha pour les Yoruba) dont le Bénin est le berceau historique incontestable. La sorcellerie existe également dans la plupart des groupes ethniques.

Dernière modification : 08/12/2004

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