[Journée mondiale de l’environnement] - L’AFD au Bénin

A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, découvrez les engagements de l’AFD en faveur de l’environnement et du climat au Bénin. #MondeEnCommun

L’AFD, l’environnement et le climat au Bénin

Pays peu émetteur, le Bénin doit faire face à des enjeux qui justifient d’inscrire toutes les interventions dans une perspective d’adaptation aux changements climatiques et de développement durable.

Il est attendu que la population du Bénin double d’ici 2030, et que plus de 50% de celle-ci vive dans les centres urbains du Sud du pays. La concentration de la population sur la bande côtière entre mer et lagune, l’expose particulièrement aux conséquences du changement climatique.

Le Bénin fait aujourd’hui face à des questions environnementales cruciales qui pourraient compromettre les efforts consentis en faveur du développement ces dernières années - l’impact des changements climatiques pourrait amplifier les risques naturels déjà existants, tout en générant d’autres risques plus localisés.

Dans les zones côtières, la montée des eaux et l’intensité croissante des inondations pourra menacer l’habitat d’une large partie des populations (plus de 10% du territoire serait concerné représentant plus d’un quart de la population béninoise). Les rendements agricoles souffriront des conditions climatiques extrêmes (-5 à 20% selon le GIEC). La montée de la température et de l’intensité des pluies pourrait aussi causer une augmentation des maladies infectieuses ainsi qu’une pénurie en énergie. Les ressources en eau seront également affectées ainsi que la richesse de la biodiversité.

Les écosystèmes sont en outre fortement exposés aux pressions anthropiques : il est fondamental de souligner que si tous les problèmes observés ont le même coupable désigné, le changement climatique, il est clairement reconnu et démontré que les principaux impacts au Bénin se concrétisent au niveau des inondations et que ces dégâts sont aussi et surtout le résultat d’un mauvais aménagement du territoire.

Dans un futur proche, le Bénin, comme tous les pays de la sous-région, doit s’attendre à des périodes de sécheresse plus longues et des saisons de pluie plus accentuées, ainsi qu’une variabilité interannuelle des niveaux de précipitation possiblement plus marquée.

STRATÉGIE NATIONALE

Conscient de sa vulnérabilité, le Bénin a pris des engagements forts dans le cadre des contributions climatiques des Etats (INDC ) élaborées en amont de la COP 21 et fut chef de file des PMA dans les négociations de 2015. Le gouvernement entend désormais intégrer les données environnementales de façon transversale dans ses stratégies de développement, pour assurer leur soutenabilité en préservant la biodiversité, en développant des stratégies d’adaptation aux changements climatiques, en favorisant une meilleure gestion des dégradations environnementales (déchets, assainissement, pollution, érosion, etc.) ou en promouvant des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et adaptées aux changements climatiques.

Cette prise de conscience porte notamment sur la protection de la zone côtière face à l’élévation du niveau de la mer et à l’érosion côtière, sur le renforcement de la gouvernance locale en matière de financement de l’adaptation aux changements climatiques, ou encore sur le renforcement des capacités en matière d’observation du climat. Dans le prolongement de ses engagements de campagne, le Président Patrice Talon a dès son investiture érigé la question de l’érosion côtière au rang de priorité gouvernementale.

Le Bénin dispose aujourd’hui d’un cadre institutionnel propice à la mise en œuvre des projets d’adaptation et d’atténuation au changement climatique. Depuis avril 2016, c’est le Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable (MCVDD) qui est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques environnementales nationales, ce qui traduit une vision transversale des enjeux.

D’autres structures jouent également un rôle important : i) la Commission Nationale de Développement Durable (CNDD), ii) la Direction Générale de l’Environnement et du Climat, iii) l’Agence béninoise pour l’environnement et le climat, iv) le Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC) v) le Comité National sur les Changements Climatiques (CNCC).

La prise en compte des questions environnementales et climatiques se retrouve dans l’axe stratégique 7 du Plan d’action du Gouvernement (PAG) : Pour un Développement équilibré et durable de l’espace national. Il s’agit d’intervenir de façon beaucoup plus significative en matière d’aménagement équilibré et durable de l’espace national, en lien avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).

LES INTERVENTIONS DE L’AFD ET DU FFEM

Appui à la stratégie nationale

Concernant l’adaptation aux changements climatiques, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), en cofinancement avec l’AFD, a mis en œuvre un projet multi-pays Africa4Climate qui avait pour objectifs d’accompagner le gouvernement du Bénin dans l’élaboration d’une stratégie de développement sobre en carbone et résilient face aux changements climatiques ainsi que d’appuyer le renforcement des capacités des collectivités locales à intégrer cette dimension dans leurs plans de développement.

La stratégie nationale, validée début 2016, permet aujourd’hui de disposer d’un plan d’action visant une limitation des émissions de CO2, l’adaptation des économies aux effets du changement climatique, la valorisation économique des potentiels de séquestration et le renforcement des capacités institutionnelles. Il s’agit aussi de rendre le pays éligible à des financements de lutte contre le changement climatique, publics et privés, en crédibilisant sa stratégie et politiques en la matière.

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Projets financés

- Le FFEM intervient au Bénin sur un projet de gestion durable des forêts communales (projet COFORMO – 1M€, en cofinancement avec la Banque mondiale, la GIZ, et la BAD) visant la lutte contre la dégradation du couvert forestier dans le Moyen Ouémé. Impacts du projet : plus de 19 000 ha couverts par des plans d’aménagement, 3 000 ha reboisés et un développement économique et social assuré grâce à une meilleure répartition des ressources et à la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les populations riveraines. Le projet présente un montage original en s’appuyant sur la communauté forestière du Grand Moyen Ouémé et une capitalisation a permis de mettre en évidence le caractère novateur des modalités de mise en œuvre et son exemplarité en termes de participation/concertation. Une deuxième phase est en cours d’instruction (octroi prévu en février 2018).

Par ailleurs, dans le cadre de son programme PPI, le FFEM a financé de nombreuses initiatives mises en œuvre par des ONG sur les thèmes de l’écotourisme ou de la protection des aires protégées.

- Dans le cadre de l’initiative régionale SUNREF en Afrique de l’Ouest (ligne de crédit de 30 M€), l’AFD est engagée au Bénin dans un partenariat actif avec deux banques (OraGroup avec un « droit de tirage » de 5 M€ et la Société Générale pour 3 M€) pour le financement d’investissements verts portés par le secteur privé, en particulier les PME.

- Le projet Porto-Novo Ville Verte (PNVV, cofinancement AFD 8 M€ et FFEM 1,2 M€) a été initié par le FFEM et conçu avec l’appui technique du Grand Lyon et de la communauté d’agglomération de Cergy Pontoise (subventions cumulées de 0,2 M€). Le projet comprend : i) l’élaboration d’un plan de développement urbain durable afin de faire de Porto-Novo une ville résiliente adaptée au changement climatique et soucieuse de la préservation de son environnement, ii) l’aménagement et la protection environnementale des berges lagunaires, iii) la réalisation d’équipements (aménagement de voies d’accès aux berges reliant les quartiers avoisinants, assainissement des quartiers, aménagements de place à vivre, etc.), iv) un appui aux activités génératrices de revenus (maraîchage, pisciculture). Le projet PNVV est le seul concours financier de l’agence au Bénin octroyé directement à une collectivité.

- Le Programme d’adaptation des villes au changement climatique (PAVICC, 58 M€) : dans le prolongement de la démarche engagée par le projet Porto-Novo Ville Verte, le projet PAVICC a pour finalité d’améliorer le cadre de vie et la résilience des territoires et des populations en prenant en compte les risques liés aux changements climatiques dans la planification urbaine et l’aménagement des villes. Selon une approche intégrée, le projet vise à impulser et accompagner cette dynamique dans 4 municipalités : les villes de Cotonou (extension de deux collecteurs et aménagement d’espaces publics), Sèmè-Kpodji (construction d’une passerelle piétonne pour désenclaver et développer la zone de Tchonvi), Comé (réhabilitation de placettes dans le noyau historique et développement de l’agriculture péri-urbaine) et Bohicon (extension d’un collecteur pour lutte contre les inondations). Un volet gouvernance locale et renforcement des capacités municipales est également prévu dans le cadre du projet.

- Le Projet d’appui à la transition agro-écologique dans les zones cotonnières du Bénin (TAZCO, 1,5 M€) a pour objectifs de contribuer à restaurer la fertilité des sols, à améliorer les rendements et à renforcer la résilience des exploitations face aux changements climatiques en zone cotonnière. Il prévoit d’expérimenter différents itinéraires techniques agro-écologiques innovants, adaptés aux contextes agro-climatiques et socioculturels locaux, avant de permettre la diffusion à plus grande échelle des plus efficaces d’entre elles dans le cadre d’un futur projet de plus grande envergure. Il est mis en œuvre avec l’appui du CIRAD.

Le portefeuille de projets « Climat » de l’AFD au Bénin est en augmentation depuis 2014, à la fois en nombre de projets et en proportion du montant alloué à des activités climat.

PERSPECTIVES

- L’AFD et Proparco ont obtenu, respectivement en juillet 2015 et décembre 2016, leur accréditation pour intervenir en tant qu’entités de mise en œuvre des financements du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Pour renforcer son partenariat avec le Fonds Vert, l’Agence Française de Développement a élaboré un programme d’ampleur : Transforming financial systems for Climate - qui devrait permettre de sécuriser des ressources concessionnelles pour les trois prochaines années (2018-2020). Ce programme cible un total d’engagements de 2 milliards d’Euros et vise à accompagner la transformation des systèmes financiers pour la promotion de modèles de développement durables. Il couvre 27 pays d’intervention, dont le Bénin, et un grand nombre de secteurs (énergie, agriculture, logement, eau, déchets). Il va permettre, au-delà du financement des activités d’atténuation au changement climatique, de financer les projets d’adaptation.

- Le Bénin, qui n’a pour l’instant pas obtenu son accréditation auprès du FVC, a donné son accord formel à l’AFD en octobre 2017 pour soumettre des projets en son nom au Conseil d’administration du Fonds. Saisie d’une demande de cofinancement du Projet d’assainissement pluvial de Cotonou, l’Agence étudie actuellement les possibilités de soumettre ce projet au Fonds vert, ce qui permettrait de lever des ressources significatives.

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Dernière modification : 05/06/2018

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