La politique étrangère

INTRODUCTION

La France a toujours été un acteur éminent de la scène internationale.

En Europe, la France s’est engagée très tôt dans l’œuvre d’unification du continent. Au plan mondial, elle reste attachée à son indépendance, principe essentiel de sa diplomatie depuis le général de Gaulle qui a doté le pays de capacités autonomes de dissuasion nucléaire au temps de la guerre froide. Lorsque la France intervient dans le monde en faveur des droits de l’homme, elle peut se prévaloir des principes de 1789 qui ont inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948 par l’Organisation des Nations unies, au palais du Trocadéro, à Paris.

En ce début de XXIe siècle, la mondialisation rend nécessaire le renforcement de la coopération multilatérale dans des domaines nouveaux : la France joue souvent un rôle pionnier au sein de l’Union européenne, du Conseil de sécurité à l’ONU ou encore avec ses partenaires du groupe des huit pays les plus industrialisés (G8), qu’il s’agisse du réchauffement climatique, du terrorisme, de la prolifération des armements ou des menaces pesant sur l’approvisionnement énergétique.

L’Europe a cinquante ans

Les principales étapes de l’unification…

1950 9 mai. Déclaration du ministre des Affaires étrangères Robert Schuman en faveur d’une union pacifique de l’Europe
1952 Création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), France, RFA, Benelux, Italie, pour établir des « solidarités de fait »
1957 Traités de Rome instituant la CEE (Communauté économique européenne), une union douanière entre les six pays, assortie de politiques communes en matière d’agriculture et d’énergie atomique (Euratom)
1967 Fusion des organes communautaires : le Conseil des ministres et la Commission sont mis en place
1979 Le Parlement européen est élu au suffrage universel
1986 Acte unique : le traité communautaire est révisé pour permettre l’achèvement d’un marché unique, c’est-à-dire la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux
1992 Traité de Maastricht : création de l’Union européenne ; décision d’instituer une monnaie commune. L’euro est mis en service dans onze des quinze pays membres le 1er janvier 2002
1999 Traité d’Amsterdam incluant les Accords de Schengen sur la circulation des personnes dans l’Union
2005 La France puis les Pays-Bas se prononcent par référendum contre le projet de traité constitutionnel
2008 1er juillet. La France assure pour six mois la présidence de l’Union européenne


… et les élargissements successifs

1957 Traités de Rome. La CEE réunit six pays : France, RFA, Italie et les trois pays du Benelux
1973 Le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande adhèrent à la CEE
1981 Adhésion de la Grèce
1986 Adhésion de l’Espagne et du Portugal
1995 Adhésion de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède



Source : Ouvrage France 2008

L’EUROPE, LA "PRIORITÉ ABSOLUE"

Les Pères fondateurs de l’Europe ©Commission européenne

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et quelle que soit la majorité au pouvoir, l’Europe est devenue un axe prioritaire de la politique étrangère française. Par la déclaration de son ministre des Affaires étrangères, Robert Schuman, inspirée par Jean Monnet, la France a été à l’origine de la création de la Communauté du charbon et de l’acier avec l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux. Il s’agissait d’établir « des solidarités de fait », pour reconstruire l’Europe et pour consolider la réconciliation franco-allemande. Dans le même esprit, le traité de Rome a lancé les politiques communes, dont la Politique agricole commune (PAC) que voulait la France.

La chute du mur de Berlin et la réunification allemande en 1989 ont amené la France et l’Allemagne à proposer à ses partenaires une « Union européenne » établie par le traité signé en 1992, à Maastricht. Maastricht, c’est la naissance de la monnaie unique, l’euro, à laquelle participent aujourd’hui treize pays de l’Union européenne (l’Eurogroupe). Mais le traité a aussi prévu une coopération en matière de politique étrangère entre l’ensemble des pays membres de l’Union européenne - l’amorce d’une Europe politique, soutenue par la France. Une politique étrangère de sécurité et de défense commune s’est ainsi progressivement développée au travers d’actions communes sur les principales questions internationales, la mise en place d’opérations européennes de maintien de la paix (Macédoine, Bosnie, RDC…) et l’élaboration d’une « stratégie européenne de sécurité », qui attestent une vision partagée des menaces et des moyens d’y répondre.

Le Parlement européen à Strasbourg©Commission européenne

Le dernier élargissement de l’Union européenne va dans le sens d’une réunification du continent européen. Mais la tâche n’est pas achevée. La situation de certains pays issus de l’ex-Yougoslavie n’est ainsi pas encore stabilisée, ce qui justifie la poursuite des activités du Tribunal pénal international (TPY) et une forte présence de l’Union sur le terrain (Kosovo, Bosnie), afin de préparer leur intégration.

Pour adapter le fonctionnement de ses institutions à l’élargissement, la France et l’Allemagne ont obtenu, en juin 2007, l’accord de leurs partenaires pour un nouveau traité, modifiant les traités existants, qui sera ratifié en 2008. Il établira une présidence stable du Conseil européen et un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ; il élargira le recours au vote à la majorité qualifiée et augmentera les pouvoirs du Parlement européen ; enfin, il associera plus étroitement les parlements nationaux aux décisions de l’Union.

La question institutionnelle réglée, celle de l’avenir du projet européen à l’échéance 2020-2030 se pose. La France souhaite qu’une réflexion soit lancée sur l’avenir de l’Union et sa place dans le monde. Elle estime que l’Union doit mieux répondre aux préoccupations de ses citoyens, en particulier dans les domaines de l’immigration, de l’environnement et de la sécurité. C’était là tout l’enjeu de la présidence française du deuxième semestre 2008.

Source : Ouvrage France 2008

LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME

La promotion et la protection des droits de l’homme et des processus de démocratisation est également une composante majeure de la politique étrangère de la France et de l’Union européenne.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme. (Strasbourg) © F. de La Mure / MAEE

Le juriste français René Cassin (prix Nobel de la paix) a été l’un des principaux négociateurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Aujourd’hui, la France joue un rôle actif au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui siège à Genève. Elle y appuie, aux côtés de ses partenaires européens, des résolutions concernant les régions ou les pays où ces droits sont gravement et systématiquement violés et des résolutions sur des thèmes tels que l’extrême pauvreté, les enfants-soldats ou les disparitions forcées. Elle y milite également pour la ratification universelle des conventions protectrices des droits de l’homme, par exemple celle qui a établi en 2002 le Tribunal pénal international pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ou le génocide. Elle lutte contre l’impunité en soutenant, par exemple, les travaux du tribunal qui juge les Khmers rouges au Cambodge. Au sein de l’Union européenne, la France souhaite donner à la Charte des droits fondamentaux une portée juridique.

Au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) issue de l’acte final d’Helsinki de 1975, elle veille de la même façon au respect par ses membres, notamment les pays en transition issus de l’URSS, des engagements pris en matière de libertés fondamentales et d’institutions démocratiques, par exemple en participant aux missions d’observation des élections.

Parallèlement, la France renforce sa propre législation en matière des droits de l’homme (loi de 2004 contre l’antisémitisme et le racisme, création en 2005 de la Haute autorité pour la lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la Halde, saisie directement par les victimes des discriminations).

Source : Ouvrage France 2008

LA FRANCE FACE AUX NOUVEAUX DÉFIS GLOBAUX

Qu’il s’agisse de maintenir la paix dans le monde ou les équilibres planétaires, la France prône le droit international et la coopération multilatérale.

Le maintien de la paix

L’ONU est la seule organisation universelle à compétence générale et le Conseil de sécurité doit exercer pleinement ses responsabilités uniques pour la paix et la sécurité. Car face à des crises telle celle de l’Irak, il est aujourd’hui établi que le recours unilatéral à la force conduit à l’échec. La France est favorable à l’élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents - l’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil - et à une juste représentation de l’Afrique.

Une session du Conseil de sécurité des Nations unies©Organisation des nations unies, ONU

En Afrique, trop longtemps ensanglantée par des conflits, elle soutient les actions de l’ONU en faveur du maintien de la paix : dans la région des Grands Lacs, en Sierra Leone, au Liberia, en Côte-d’Ivoire, dans la corne de l’Afrique, aujourd’hui au Darfour. Elle joue également un rôle propre en matière de renforcement des capacités africaines (programme RECAMP).

Au Proche-Orient, la France, amie d’Israël et des Palestiniens, plaide pour la reconnaissance de deux États vivant en paix côte à côte. Au Liban, elle soutient la réconciliation nationale et apporte une forte contribution à la force de l’ONU. En Afghanistan, elle participe aux forces de l’OTAN, mais sous égide de l’ONU.

Trois modes d’interventions militaires

Toutefois, si la France est l’un des premiers contributeurs de l’OTAN, elle souhaite une montée en puissance de l’Union européenne dans la résolution des conflits. Elle est favorable aux progrès de l’Europe de la défense et à la rénovation de l’Alliance atlantique qui sont complémentaires.

La réponse aux défis globaux

Face aux menaces du terrorisme sans frontières, la coopération internationale doit être renforcée. Ainsi, après le 11 septembre 2001, c’est sous la présidence française qu’a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU la résolution 1373 imposant aux États de prendre des mesures concrètes contre les auteurs d’actes terroristes, leurs commanditaires et complices. La France a fait aboutir à l’Assemblée générale de l’ONU une convention contre le financement du terrorisme tandis qu’une convention contre le terrorisme nucléaire était conclue en 2005. Elle agit dans le même sens au sein de l’Union européenne et du G8.

Devant les dangers de la prolifération d’armes de destruction massive, par exemple en Iran, la France est également favorable au renforcement de la coopération internationale (Agence internationale pour l’énergie atomique, Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), voire à d’éventuelles politiques de sanctions.

À l’ONU, au sein de l’Union européenne et à l’OSCE, elle a fait adopter des instruments de contrôle des trafics d’armes, notamment les armes de petit calibre particulièrement meurtrières dans les conflits en Afrique. Contre les trafics de drogue et la criminalité organisée, elle agit aussi pour le renforcement de la coopération multilatérale.

Enfin, contre le réchauffement climatique et la pollution de l’eau, bien public mondial, la France milite pour une organisation mondiale de l’environnement et pour l’universalisation du protocole de Kyoto réduisant les émissions de CO2.

Contre les grandes pandémies, tel le sida, la France a pris l’initiative de modes innovants de financement.

Source : Ouvrage France 2008

L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT ET L’ACTION HUMANITAIRE

Dès les lendemains de la décolonisation, le général de Gaulle développait l’aide aux États nouvellement indépendants d’Afrique et du Maghreb. La France est aujourd’hui, avec 0,5 % de son PIB, le plus généreux donateur parmi les grands pays industrialisés et elle compte porter son effort à 0,7 % en 2015. Elle a réussi à rallier la communauté internationale à sa proposition d’annuler la dette des pays les plus pauvres.

La France se concerte chaque année avec les pays africains dans le cadre des sommets France-Afrique, désormais ouverts à l’ensemble des pays du continent.

Conférence des chefs d’Etat d’Afrique et de France © F. de La Mure / MAEE

Elle contribue à hauteur de 18 % à l’aide au développement apportée par l’Union européenne, et participe aux programmes multilatéraux d’aide des banques de développement et de l’ONU. La majorité de l’aide de la France est consentie sous une forme bilatérale, principalement en Afrique subsaharienne, par le canal du ministère des Affaires étrangères et de l’Agence française de développement, qui soutiennent plus de cinq cents projets de développement par an, apportent une assistance technique et offrent des programmes de bourses de formation en France. L’accent est mis sur le développement des infrastructures, sur l’accès aux soins et à l’éducation, sur la mise en place de politiques économiques adaptées et sur la consolidation de l’État de droit et de la démocratie. Les collectivités territoriales et les organisations non gouvernementales (ONG) françaises apportent également leur contribution.

Les drames humains nés des migrations clandestines ont amené la France à mettre en place des aides au co-développement, avec un double objectif : offrir aux candidats à l’immigration clandestine des possibilités d’emploi dans leur propre pays et proposer à ceux qui souhaitent y rentrer des facilités d’investissements.

La France, qui prône « le devoir de protéger » et dont l’expertise (sécurité civile, équipements hospitaliers) et celle de ses ONG sont mondialement reconnues, apporte son assistance aux populations affectées par les conflits, les catastrophes naturelles ou les grandes pandémies.

Source : Ouvrage France 2008

LES PARTENARIATS BILATÉRAUX

Le renforcement de la coopération internationale et le développement des relations économiques et technologiques passent par de solides partenariats bilatéraux. La France coopère pour la résolution des conflits régionaux et la lutte contre le terrorisme avec les États-Unis et elle œuvre pour le développement
du partenariat - par exemple dans le domaine énergétique - entre la Russie et l’Union.

Avec les pays de la rive sud de la Méditerranée, la France, qui entretient avec les pays du Maghreb notamment des liens humains très forts, souhaite aller au-delà du processus euro-méditerranéen de Barcelone. C’est l’idée d’une Union de la Méditerranée.

La France renforce ses relations technologiques et culturelles et a établi un riche dialogue politique avec les puissances émergentes d’Asie et d’Amérique latine.

Elle est ainsi favorable à l’institutionnalisation du dialogue entre le G8 et les grands pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud en vue d’établir à terme un G13, car la réponse aux défis globaux rend indispensable la reconnaissance de responsabilités communes.

Dotée du réseau d’ambassades bilatérales - 158 - le plus dense après celui des États-Unis, la France s’attache à entretenir des relations propices au développement des échanges humains, économiques et culturels.

Source : Ouvrage France 2008

LE RAYONNEMENT CULTUREL ET LA FRANCOPHONIE

La France a obtenu en 2005 à l’UNESCO l’adoption d’une convention sur la diversité culturelle et linguistique ; elle attache depuis longtemps une grande importance aux échanges culturels (cinéma, théâtre, arts, livres, idées, médias), à la promotion de la langue française et au plurilinguisme. À cet effet, elle entretient un important réseau d’instituts culturels, d’alliances françaises et de lycées français à travers le monde. Elle contribue au renforcement de la présence de ses médias (TV5, France 24, RFI).

La promotion de la langue française, parlée par plus de 180 millions de personnes, est aussi soutenue par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui rassemble 63 États et gouvernements et qui entretient des programmes d’échanges culturels entre ses membres (Afrique francophone, Maghreb, Amérique du Nord, Proche-Orient, Caraïbe, océan Indien, Europe, ex-Indochine, Pacifique). Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent en sommet tous les deux ans. L’OIF s’est aussi engagée à défendre les valeurs démocratiques et les droits de l’homme parmi ses membres.

Enfin, la France veut renforcer sa position sur le marché international de l’économie du savoir en exportant l’enseignement supérieur en français ou « à la française » et en cherchant à attirer et à fidéliser les meilleurs étudiants étrangers par des programmes d’échanges et de mobilité.

Source : Ouvrage France 2008

Dernière modification : 18/07/2012

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