Manoeuvres navales - Discours à bord de l’aviso "Commandant l’Herminier"

Discours de S. Exc. M. Jean-Paul MONCHAU
Ambassadeur de France au Bénin

A l’occasion de manœuvres navales effectuées au large de Cotonou, grâce à la présence de l’aviso français "Commandant l’Herminier"

Cotonou – le 11 juin 2012

Commandant,
Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Officiers généraux,
Mesdames messieurs, chers invités,

L’escale d’un bâtiment français dans un port étranger est toujours l’occasion de renforcer les liens entre les communautés : entre les militaires des différents pays bien sûr mais également entre Français et Représentants du pays hôte et même plus simplement entre Français expatriés. Commandant donc, je vous remercie ainsi que votre équipage pour votre présence parmi nous au Bénin, durant ces 4 jours.

Première unité de la Marine Nationale à faire escale à Cotonou depuis la frégate « Germinal » en août 2011, la venue de l’aviso « Commandant L’Herminier » est une occasion privilégiée de multiplier les échanges avec la marine béninoise, de s’entraîner ensemble et de mener des exercices conjoints dans des domaines aussi variés que la sécurité, l’artillerie ou encore la détection.

Ce matin même, avant son arrivée au port, l’aviso a joué le rôle d’un navire piraté, libéré grâce à un assaut réalisé par le groupe d’intervention nautique des Forces Navales. Cet exercice était le point d’orgue d’une formation de neuf semaines au profit des marins béninois, menée par deux fusiliers commandos français, spécialistes de ce type d’intervention.

La formation seule n’est cependant pas suffisante, elle doit être doublée d’un entrainement régulier, s’appuyer sur des moyens navals entretenus, opérationnels, et des structures de commandement adaptées. La lutte contre la piraterie et les trafics illicites en mer ne s’improvise pas. Elle ne peut que résulter d’une stratégie d’ensemble et d’une chaîne juridique, opérationnelle et logistique performante.
C’est le sens du projet français ASECMAR, qui soutient déjà six Etats côtiers du golfe de Guinée (Nigeria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire et Guinée) dans le renforcement de leur organisation publique concourant à l’action de l’État en mer.

En la matière, le gouvernement béninois a pris ses responsabilités pour assumer pleinement sa souveraineté en mer.
Il a élaboré récemment, au terme d’une fructueuse concertation inter-administration, sa propre stratégie nationale de sécurité maritime.
Une démarche ambitieuse d’acquisition de trois patrouilleurs neufs de 30 m a été menée et se concrétise par la présence à Cotonou de deux unités déjà opérationnelles, il s’agit bien sûr de "l’Alibori" et de "l’Ouémé". Les Forces Navales voient donc ainsi augmenter sensiblement leurs capacités opérationnelles leur conférant la possibilité d’assurer la mission exigeante d’incarner la puissance publique en mer.

Enfin, engagées dans un processus de renforcement de leurs capacités de détection, les Forces Navales doivent inaugurer cette année le 2e sémaphore du Bénin situé à Grand-Popo, qui permettra de doubler la surveillance par radar et ainsi de compléter la chaîne « acquisition de l’information, exploitation du renseignement et application d’une action adaptée ».

Cet effort a été salué le 29 mai dernier à Paris, lorsque le président Boni Yayi, président en exercice de l’Union Africaine, a été le premier président africain reçu à l’Élysée depuis l’élection présidentielle française.

Vous l’avez compris, les efforts étant fournis de part et d’autre, nous sommes bien dans l’esprit du partenariat. Je m’en félicite et je souhaite que celui-ci soit encore aussi fécond et actif pendant de nombreuses années. Le Bénin est un exemple en Afrique d’un parcours démocratique depuis plus de vingt ans qui a contribué à la stabilité de ce pays. Nous souhaitons qu’il le reste. Cette escale est donc aussi pour la France une manière de saluer une fois encore le Bénin, son exemple, ses forces armées et tout ce que le pays apporte à la relation historique entre la France et le continent africain.

Je vous remercie.

Dernière modification : 14/06/2012

Haut de page