Célébration du 14 juillet 2013


Fête nationale du 14 juillet 2013
Discours de S. Exc. Mme Aline KUSTER-MENAGER
Ambassadrice de France au Bénin

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Alors que débute mon séjour au Bénin, je voudrais vous dire combien nous sommes heureux, mon mari Jean-Louis et moi-même, de vous accueillir ce soir à la résidence de France pour ce premier 14 juillet en votre compagnie.

A peine quinze jours après notre arrivée, nous connaissons bien sûr encore très peu d’entre vous ; nous nous réjouissons donc que vous ayez répondu aussi nombreux à notre invitation et que cette soirée nous donne une première occasion de faire votre connaissance. Il y aura beaucoup d’autres occasions et cette résidence vous sera largement ouverte - l’accueil chaleureux et amical qui m’a été réservé par les autorités béninoises et par tous les Béninois que j’ai déjà pu rencontrer augure bien en tous cas de la qualité des relations que je souhaite nouer au Bénin. Mes premiers pas au Bénin m’ont montré la densité et la qualité de la relation bilatérale entre nos deux pays, ainsi que la variété des partenaires qui y sont impliqués, du plus haut niveau de l’état – avec les relations étroites qu’entretiennent les présidents Hollande et Boni Yayi - jusqu’aux relations d’amitié et de proximité entre les hommes et femmes de France et du Bénin - je pense en particulier au dynamisme des coopérations décentralisées -143 projets menés par 53 collectivités territoriales françaises - qui soudent des liens profonds et durables entre nos communautés. Je crois qu’une délégation de l’Eure est parmi nous et j’en profite pour la saluer

Mesdames, Messieurs,
Vous l’aurez constaté en arrivant, avec la retransmission sur écran des séquences du défilé sur les champs Elysées et des images du porte drapeau béninois -et vous le constaterai encore durant cette soirée- la préparation de cette réception a été placée sous le signe du partenariat :

Un partenariat très concret d’abord car avec mes équipes, nous avons préparé cette cérémonie en moins de quinze jours et avons du mobiliser toutes les bonnes volontés.

- En premier lieu partenariat avec nos amis béninois : vous avez pu apprécier le brio de la musique de l’armée de terre pendant la première partie de la soirée. Les fanfares font partie de la tradition française du 14 juillet et celle qui a exécuté pour nous ce soir les hymnes et les musiques d’accompagnement a fait honneur à cette tradition : merci et bravo aux musiciens. Moins visible mais tout aussi crucial, nous avons eu également le soutien logistique de la direction du génie et du développement des forces armées béninoises pour mettre en place l’installation électrique que nous avons voulu soigner. Nous remercions également la mairie de Cotonou pour le pavoisement / la mise en valeur des drapeaux.

- partenariat avec les sociétés françaises et locales qui ont parrainé cette réception et contribué à son succès sous toutes ses formes, y compris à travers leur savoir-faire culinaire. Je les remercie de tout cœur d’avoir répondu si promptement et avec autant de disponibilité à mon appel.

- partenariat avec les associations de français qui ont apporté leur soutien à l’ambassade et à l’IFB dans l’organisation d’un évènement pour la communauté française en parallèle avec cette réception. Pas de 14 juillet sans bal et les platines vont virevolter à l’IFB dans quelques heures.

- Partenariat avec certains de mes collègues ambassadeurs (ils se reconnaîtront) qui ont mis à notre disposition certains moyens matériels. Je les en remercie.

- Enfin partenariat interservices au sein de l’ambassade pour mobiliser tous les talents afin de réussir cette réception, et surtout, comme je l’ai souhaité, vous faire partager les temps forts de leur action depuis un an (vous aurez l’occasion de le découvrir sur écran).

Monsieur le Ministre,
Cet esprit de partenariat est également celui qui prévaut entre nos deux pays, et entre nos concitoyens et concitoyennes ; il va bien évidemment au-delà de ce rendez-vous annuel où, dans les jardins de la résidence, nous célébrons ensemble la fête nationale française. Il se traduit aussi dans le partage d’une langue, d’une histoire commune et des valeurs qui lui sont attachées. Dans cette modernité parfois troublée par les conflits, un partage et une vision commune des enjeux régionaux, notamment en matière de sécurité, sont essentiels, comme la richesse et la multiplicité de nos coopérations et la vitalité de nos relations économiques ; je vous ferai grâce d’une énumération longue et fastidieuse, mais permettez-moi d’illustrer mon propos en partageant quelques moments forts des mois écoulés et poser des jalons pour les mois à venir.

Parmi les moments forts, le premier qui s’impose à mon esprit, est le rôle actif joué par le Bénin sous l’impulsion du Président Boni Yayi en matière de sécurité régionale : au Mali, le choix du contingent béninois pour accompagner la mise en œuvre de l’accord de Ougadougou dans la ville de Kidal est une marque de confiance dans le professionnalisme de l’armée béninoise et le juste retour d’un engagement sans faille du Président béninois dans la lutte contre le terrorisme. Moi, Ambassadrice de France au Bénin, je suis touchée et fière d’avoir vu les troupes africaines de la MINUSMA et les unités françaises de l’opération Serval défiler côte à côte ce matin sur les champs Elysée et, surtout, que les couleurs béninoises aient été portées haut lors de la cérémonie. Au passage j’en profite pour saluer l’officier béninois, le Lieutenant Colonel Gilbert Lossitode, qui conduisait le détachement ; c’est le directeur du CPADD, institution de formation régionale pour le déminage, basée à Ouidah, où près de 1300 stagiaires d’une trentaine de pays d’Afrique francophone, lusophone et maintenant anglophone ont reçu des formations ; j’ai pu mesurer sur le terrain le professionnalisme, le dynamisme et le rayonnement de ce centre : la France l’appuiera dans son ambition à devenir d’ici la fin de l’année un centre d’excellence homologué par les Nations Unies. Notre coopération continuera à appuyer les forces armées béninoises dans le cadre de leur mission régionale, à travers des détachements d’instruction opérationnelle et pour les mois à venir les coopérations militaires intégrées aux structures béninoises appuieront la préparation d’exercices par les forces armées béninoises et maintiendront l’appui au système de formation des divers centre, écoles et prytanée militaires du pays.
Nous saluons également l’engagement béninois en faveur de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. L’inauguration récente du sémaphore de Grand Popo a été à cet égard l’un des temps forts récents de notre coopération ; beaucoup reste à faire pour une véritable mobilisation régionale et nous savons que la volonté politique béninoise est au rendez-vous. Nous continuerons à soutenir les efforts entrepris. En matière de sécurité et de police, nous fondons enfin de grands espoirs dans la coopération régionale en matière de police judiciaire avec le déplacement attendu du centre de formation de Porto Novo à Cotonou, prélude à une montée en puissance de l’institution.

Je voudrais en second lieu citer notre coopération en matière de santé en particulier dans le domaine de la santé maternelle en application des engagements pris par la France à Muskoka dont le Bénin est un des bénéficiaires prioritaires. Au total, les engagements bi- et multi- latéraux de la France en faveur de la réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile atteindront les 18 millions d’euros sur une période de 5 ans (2012-2017).

L’AFD de son côté, qui a une longue tradition d’intervention au Bénin, est restée très active dans les secteurs de la santé et l’éducation de base ; elle prépare pour les mois à venir le financement d’importants projets d’infrastructure dans le domaine de l’énergie, secteur essentiel pour le développement du pays et l’attractivité des investissements privés.

La présence parmi nous ce soir du tout nouveau PDG du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), M. Michel Eddi, qui consacre sa première visite en Afrique au Bénin, m’amène à souligner le dynamisme de notre coopération dans le domaine de la recherche et de la formation universitaire. La France attache du prix à ce que les Africains soient en mesure d’être pleinement parties prenantes d’une recherche mondialisée de plus en plus exigeante et compétitive. Le Bénin dispose à la fois d’une tradition et d’intérêts forts à promouvoir dans ce secteur, je pense au coton, au riz, à l’ananas, au palmier à huile, à la lutte contre les bio-agresseurs.
Je voudrais faire enfin une mention particulière de notre coopération en matière d’état de droit aux côtés de l’Union européenne et rappeler que la France est le chef de file des bailleurs pour le secteur de la justice. Ce secteur est crucial. Une justice compétente, fiable, accessible à tous est l’une des clés de voute d’une démocratie.
Je ne peux citer chacun des secteurs d’intervention et ne voyez aucune signification particulière dans cette sélection. Je voudrais néanmoins remercier l’ensemble des experts internationaux français présents ici ce soir pour leur travail et leur engagement aux côtés de leurs partenaires béninois, sans oublier nos professeurs de l’Ecole Montaigne, ceux de nos compatriotes qui travaillent dans les ONG et également, en cette période de congés scolaires, les nombreux jeunes volontaires qui viennent de tous les coins de France (on me dit qu’il y en a près de 1200 par an) pour apporter leur pierre à la coopération franco-béninoise, au plus près du terrain et de la jeunesse béninoise.

Structurer notre coopération pour qu’elle réponde au mieux aux enjeux du développement du Bénin, en bonne harmonie avec les autres partenaires techniques financiers sera l’une de mes priorités de rentrée. Nous sommes en effet dans la phase de finalisation d’un nouveau document cadre de partenariat franco-béninois qui permettra de fixer pour les trois ans à venir les priorités et les moyens de notre coopération et – c’est très important - l’occasion pour chacun de nos pays de prendre des engagements réciproques en matière d’objectifs et de moyens au service des priorités de développement du Bénin.

Quelques mot sur l’Institut Français du Bénin qui poursuit son évolution pour devenir un véritable outil de coopération bilatérale au bénéfice de la jeunesse béninoise mais également des artistes, acteurs, opérateurs institutionnels ou privés qui composent le paysage culturel béninois. Il fêtera à la fin de l’année ses 50 ans ; il est plus encore dans la mémoire des béninois par son nom de baptême : « le centre culturel français ». Nous avons l’ambition de donner à cet événement toute la notoriété méritée avec la complicité des acteurs culturels béninois et français, qui ont contribué à son histoire et à son dynamisme ; l’Institut a accompagné les premiers pas de certains artistes béninois qui ont depuis acquis une réputation internationale. Ce devrait être le rendez-vous de la création et des surprises du dernier trimestre 2013, mais je ne veux pas déflorer le programme…

Pas de développement également sans vitalité du secteur privé : les acteurs économiques français sont présents au Bénin de longue date et sont des partenaires fidèles du pays, compagnons des bons et des moins bons jours ; ils sont bien intégrés dans le tissu économique local ; les entreprises sont soucieuses que leurs activités s’inscrivent dans un cadre juridique et de gouvernance stable et un climat général de confiance avec les autorités béninoises. Je serai attentive à l’environnement des affaires.

Le 14 juillet, c’est la fête de la nation mais aussi l’occasion de célébrer ceux qui par leurs mérites et leurs actes y ont spécialement contribué : nos compatriotes français, mais également ceux de nos amis étrangers qui se sont tenus à nos côtés et ils sont nombreux parmi les Béninois. C’est pourquoi je suis particulièrement heureuse et honorée que soit lancée dans quelques instants, en parallèle de cette réception, la création au Bénin d’une section locale de la société des membres de la Légion d’honneur qui réunira à la fois les Béninois décorés de la Légion d’honneur et ceux titulaires de l’Ordre national du mérite. Le Président Boni Yayi a bien voulu accepter la présidence d’honneur de cette association et nous en sommes particulièrement flattés. Le Général Picard, administrateur délégué des sections de l’étranger (il en existe 11 en Afrique) est venu spécialement de France pour accompagner cette initiative et je salue sa présence parmi nous, tout comme celle de la quarantaine de membres de la future association qui sont avec nous ce soir. Je conclurai cette intervention sur cette note à la fois solennelle et amicale.

Vive l’amitié entre le Bénin et la France !
Vive le Bénin !
Vive la France !

Dernière modification : 15/07/2013

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