Remise des diplômes au CPADD de Ouidah

Discours de Son Excellence Madame l’Ambassadrice Aline Kuster-Ménager

A l’occasion de la remise des diplômes au CPADD de Ouidah

5 juillet 2013

"C’est seulement après quelques jours de présence au Bénin que j’ai le plaisir de me rendre pour la première fois au centre de déminage humanitaire de Ouidah. Il s’agit d’un des fleurons des ENVR, les écoles nationales à vocation régionale mais surtout un exemple emblématique de la coopération franco-béninoise fructueuse au profit de la paix et de la sécurité en Afrique.

Le CPADD est , avant tout, une école qui forme des hommes et des femmes qui vont directement intervenir sur le terrain, participant à la dépollution pyrotechnique de kilomètres carrés de terres minées ou encombrées de déchets explosifs et à la remise à la disposition de celles-ci aux populations, facilitant ainsi la reprise économique de régions entières après des conflits. C’est ainsi que depuis sa création, le centre a instruit plus de 1200 spécialistes provenant de 28 pays africains différents.

Le CPADD est aussi un exemple de coopération internationale. Des pays, comme la Belgique, le Brésil, le Japon ou le Portugal participent à son développement financièrement ou en fournissant des renforts en instructeurs expérimentés.
Les deux stages, dont la clôture a lieu à l’occasion de la présente cérémonie, réunissent ainsi des hommes et une femme venant de trois continents : des instructeurs Africains (Bénin et Guinée équatoriale), Sud Américains (Brésil) et Européens (Français et Portugais) au profit de 24 spécialistes provenant de 8 pays d’Afrique et du moyen orient (1 Libanais), appartenant à des forces armées nationales comme à des ONG fortement impliquées dans la lutte contre les mines Anti-personnel comme Handicap International.

Cette internationalisation du CPADD est en passe d’être concrétisée par sa reconnaissance par les grandes organisations continentales et internationales.

- reconnu comme centre d’excellence par le Centre International de déminage Humanitaire de Genève et par la CEDEAO en 2012,
- aujourd’hui, le service d’action contre les mines des Nations Unies (UNMAS), souhaite accréditer l’école comme l’un de ces centres de formation avant la fin de l’année 2013,
- l’Union Africaine, quant à elle, intégrera, dès cette année, le CPADD dans son plan d’action de lutte contre les mines comme centre de référence et se servira de son expérience et de ses compétences pour développer un autre centre au Kenya.

La France est donc très fière d’être le partenaire principal de cette ENVR à laquelle elle contribue, par le biais de la mission de coopération de défense dirigée par le colonel Christian DEUWEL, attaché de défense prés l’ambassade de France. Cette contribution se matérialise par l’affectation de manière permanente depuis une dizaine d’années de coopérants militaires, officiers et sous-officiers spécialistes du déminage et aussi par des renforts temporaires et la mise en place de matériel nécessaires à l’instruction. J’aurai d’ailleurs le plaisir, après cette cérémonie, de remettre au Chef d’état-major des forces armées béninoises, ce type de matériel.

L’action de la France ne s’arrête pas là puisqu’elle participe aussi à la lutte contre les mines en finançant directement des stages, dont les deux que nous clôturons aujourd’hui. Ces financements interviennent soit par le biais de la coopération de sécurité et de défense soit par le biais de la commission nationale pour l’élimination des mines anti-personnel (CNEMA), représentée par son secrétaire général, l’ambassadeur Philippe DELACROIX.
Cette coopération se poursuivra l’année prochaine, et grâce à la CNEMA, le CPADD proposera une nouvelle formation sur la « gestion des stocks de munitions ». Ce sera une première en Afrique et nous espérons que cette formation permettra d’éviter les tragédies comme celle qui est survenue le 04 mars 2012 lors de l’explosion du dépôt de munition de M’PILA à BRAZZAVILLE. Il faut souligner, à cet égard, que l’équipe de spécialistes Béninois, formés au CPADD et déployés en urgence dans les premiers jour après l’explosion a effectué un travail exceptionnel qui a été remarqué par toutes les organisations internationales ou non gouvernementales présentes sur place.

Je renouvelle donc ici la volonté de la France de continuer sa participation au sein du CPADD et j’appelle tous les partenaires à faire de même au sein de ce projet qui contribue indéniablement à la sécurité et à la paix en Afrique.

Vive la coopération internationale au profit du développement du CPADD.

Je vous remercie de votre attention."

Dernière modification : 05/07/2013

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