[Sécurité intérieure] - Journée nationale sur la cybersécurité à l’Institut français du Bénin

Le 15 mai 2018, s’est tenue la première journée nationale sur la cybersécurité au Bénin. Placées sous le haut parrainage de l’Ambassade de France, les présentations et débats ont eu lieu dans l’auditorium de l’Institut français.

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Organisé en partenariat entre l’ONG Cyber Action et Protection (CAP) et le service de sécurité intérieure de l’Ambassade, cette conférence a permis de réunir une centaine de participants publics (Police Républicaine, Défense, Douane) et privés (OSC).
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Tout d’abord, ont été précisées les notions de cybersécurité et de cybercriminalité. Rappelant les conventions internationales disponibles (Bucarest, Malabo) et les travaux menés au sein de l’ONU, les experts ont déploré que le Bénin n’ait pas encore ratifié la convention de Malabo établie sous l’égide de l’Union Africaine.

L’absence d’un outil de coopération judiciaire internationale efficace a été rappelée à plusieurs reprises. Dans son discours d’ouverture, le préfet du Littoral, Modeste TOBOULA, avait reconnu cette lacune et promis de saisir le Président de la République pour apporter une solution le plus rapidement possible.

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Le commissaire Nicaise DANGNIBO, chef de l’Office Central de Répression de la Cybercriminalité, a ensuite proposé un panorama de la cyber-délinquance au Bénin.
Dénommés « gaymen », les criminels utilisent le plus souvent les sentiments (romance, sextorsion) et la vénalité (faux héritages…) pour gruger leurs victimes.

Œuvrant au départ à partir de cybercafés, ils préfèrent désormais utiliser des lieux privés pour plus de discrétion. On trouve des gaymen dans tous les départements béninois.

Le recours au fétichisme pour faire peur aux victimes potentielles et éviter les dépôts de plainte est à l’origine de l’opération RAMBO, début 2018, qui s’est soldé par l’arrestation de 700 gaymen. Plusieurs ont déjà été condamnés à des peines allant jusqu’à 5 ans de prison.

Enfin, le professeur BELLO de l’université d’Abomey-Calavi a présenté différents modus operandi utilisés par les cyber-délinquants afin de comprendre comment se protéger, réduire les vulnérabilités, déceler les problèmes et donner l’alerte.

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Animé par le colonel MANIN, Attaché de Sécurité Intérieure, le débat final a mis en exergue l’absence d’une culture de vigilance de tous les acteurs publics et privés. Le manque de moyens, la sous-estimation de la menace, la difficulté à comprendre les enjeux du big data, le refus de reconnaître les risques internes au sein des entreprises sont autant de problèmes qui nuisent à la définition d’une stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité.

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On peut cependant espérer que la récente loi portant code du numérique en République du Bénin offre l’opportunité d’une meilleure coopération entre les différents acteurs.

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Dernière modification : 18/05/2018

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