Séminaire décentralisation et gouvernance locale

Discours de S.E.M. Jean-Paul Monchau, ambassadeur de France au Bénin, à l’occasion du séminaire DeLog

Grand-Popo, 6 novembre 2012

Monsieur le Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire,
Monsieur le Ministre de la Réforme Administrative et Institutionnelle,
Messieurs les Préfets,
Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers,
Mesdames, Messieurs,
Chers Invités,

Je tiens tout d’abord à vous remercier - Chers Invités - d’être venus si nombreux pour ce séminaire de formation sur l’efficacité de l’aide dans le secteur de la gouvernance locale au Bénin.

Je tiens également à remercier tout aussi chaleureusement le secrétariat technique du groupe informel des bailleurs (DeloG), la GIZ, la CTB, ayant pris part à nos côtés à l’organisation de ce séminaire. Je salue tout particulièrement les représentants de ces institutions qui ont fait le déplacement de leur siège respectif afin de participer à ce séminaire.

Enfin, je remercie très sincèrement M. le Ministre de la décentralisation, de la gouvernance locale, de l’Administration et de l’Aménagement du territoire, qui a porté et soutenu dès sa genèse ce séminaire et qui l’a ainsi rendu possible.

Je suis très honoré de participer à l’ouverture de ce séminaire qui constitue une première en Afrique francophone. Ce séminaire nous permet aujourd’hui de travailler sur deux problématiques importantes pour les acteurs du développement dans le monde.

Ces enjeux sont :

- D’une part, l’efficacité de l’aide, qui a fait l’objet de nombreux sommets importants ces dernières années au niveau international : le sommet de Paris, d’Accra et plus récemment à Busan, en Corée du Sud, fin 2011,

- D’autre part, la gouvernance locale et l’appui à la mise en œuvre des processus de décentralisation, en particulier en Afrique.

Ces deux enjeux sont intimement liés. Le niveau local, du fait des processus de décentralisation en cours, qui confient aux collectivités territoriales des compétences essentielles (telles que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau…) est un échelon crucial aujourd’hui pour le développement. Pour la première fois, les autorités locales ont été prises en compte dans la déclaration finale du sommet de Busan.

L’efficacité de l’aide est un des enjeux centraux de ce séminaire. Cette efficacité passe notamment par le fait de mieux travailler ensemble, avec des principes d’actions et des objectifs communs. L’organisation même de ce séminaire en est un bel exemple puisqu’il a été l’occasion pour des Béninois, des Allemands, des Français, et des Belges, de mettre en commun leur temps, leur expérience, leur « vision » de la gouvernance locale afin d’aboutir à la formation qui commence aujourd’hui.

La France, aux côtés des 27 partenaires membres du groupe DeloG depuis 2006, travaille à améliorer l’efficacité et l’harmonisation de l’aide dans l’appui à la gouvernance locale. C’est dans le cadre de la présidence française de l’UE, en 2008, qu’a été adoptée la Charte européenne sur la coopération en matière de gouvernance locale qui établit les principes et modalités visant à une meilleure efficacité de la coopération dans ce secteur dans les pays partenaires.

La décentralisation et la gouvernance locale sont des enjeux importants pour la coopération française en matière de gouvernance démocratique. En effet, le niveau local nous apparait aujourd’hui comme le niveau pertinent pour combattre la pauvreté et renforcer la légitimité de l’action publique.

Le Ministère français des Affaires Etrangères est très engagé dans l’appui à ces processus, à différents niveaux et au moyen de divers outils.

- Au niveau international, la France mène un plaidoyer important en faveur de la décentralisation et d’une gouvernance locale démocratique. Elle a apporté un soutien actif aux Lignes Directrices internationales sur la décentralisation et l’accès aux services de base et est aujourd’hui chef de file, désigné par ONU-Habitat, pour la mise en œuvre conjointe de ces Lignes Directrices.
La France est également membre active du groupe informel des 27 bailleurs sur la décentralisation dans le cadre duquel elle a initié l’organisation de ce séminaire, dès janvier 2012.

- Au niveau régional et sous-régional, la coopération française appuie depuis longtemps le mouvement municipal africain et continue à le faire, notamment à travers Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique et l’appui à la mise en œuvre du Conseil des Collectivités territoriales de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine.

- Au niveau bilatéral, le MAE, à travers la Mission de la gouvernance démocratique, met en œuvre, depuis les années 90, un grand nombre de projets d’accompagnement de la décentralisation et de la déconcentration, notamment en Afrique. Ces projets bilatéraux visent notamment à apporter un appui institutionnel aux Etats, aux associations d’élus, aux collectivités locales et aux sociétés civiles, dans l’objectif de renforcer le développement et la démocratie locale. J’en profite pour vous signaler qu’un nouveau projet d’appui à la décentralisation et à la déconcentration au Bénin va être signé dans les jours qui viennent entre nos deux gouvernements.

- De plus, une de nos spécificités est la présence d’un réseau important d’experts techniques français, mis à disposition de nombreux ministères et associations d’élus ainsi que, au niveau multilatéral, de Cités et Gouvernements locaux Unis. Je salue d’ailleurs aujourd’hui la présence de notre expert technique basé auprès du ministère béninois de la décentralisation, et qui s’est largement investi dans l’organisation de ce séminaire.

Enfin, les actions de la coopération française sont utilement et efficacement renforcées par la coopération décentralisée dense et riche, en particulier au Bénin, qui existe entre les collectivités territoriales françaises et les collectivités du monde entier.

La gouvernance locale et la décentralisation demandent ainsi un travail à plusieurs niveaux et plusieurs échelles, et les défis qui en découlent ne peuvent être relevés que par la mise en commun des acteurs étatiques, décentralisés, du secteur privé, de la société civile et des Partenaires techniques et financiers, et ceci aux niveaux central, départemental et communal.

Je souhaite que ce séminaire, sous l’égide du groupe DeloG, puisse permettre une meilleure coordination entre nos différentes institutions afin d’être plus efficaces et permettre d’atteindre notre objectif commun d’une meilleure gouvernance locale démocratique.

Je vous souhaite plein succès dans vos travaux, et que ces 3 jours ne soient que le commencement d’un nouveau dialogue constant, riche et constructif.

Je vous remercie.

Dernière modification : 13/11/2012

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